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Ce sujet a 1 réponse, 3 participants et a été mis à jour par  Christophe, il y a 1 an et 7 mois.

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)
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    Messages
  • #105

    Christophe
    Participant

    Allez-y

    #111

    Christophe
    Participant

    De la part de Stéphanie BESSIERE qui a vécu le terrible ouragan IRMA sur l’Ile de Saint Martin:

    LA DEPORTATION EN HERITAGE : FORCE ET ENDURANCE

    Mardi 5 septembre 2017
    Je me souviens m’être levée très tôt ce matin-là pour aller faire le plein d’essence et retirer de l’argent liquide. Les rues étaient presque désertes. En revenant dans ma résidence, je cherchais une place de parking où mettre en sécurité ma voiture. Des voisins chargeaient leurs valises dans leur voiture pour évacuer. De retour dans mon appartement face à l’océan, un moment de panique ou de prise de conscience, j’appelais un ami pour savoir si je pouvais venir me réfugier dans sa famille sur les hauteurs.
    Un moment particulier que celui où il faut choisir parmi toutes nos affaires celles que nous mettons dans notre valise et celles que nous laissons en sachant qu’il est possible de ne pas les retrouver. Un moment étrange que celui où nous remplissons une voiture de façon désordonnée en espérant sauver le maximum de nos effets personnels et de nos vêtements. Une pensée furtive de l’exode que mon père avait vécu avec ses parents …
    Arrivée chez la famille qui m’accueillait pour la circonstance, je mettais mes affaires en sécurité à l’intérieur de la maison et aidais aux derniers préparatifs. Une ballade sur la plage, quelques appels téléphoniques et nous allions dormir tôt pour être le plus en forme possible, IRMA devant arriver sur l’île le lendemain matin. L’atmosphère était déjà lourde, la pression atmosphérique baissant avec l’arrivée du cyclone.
    Mercredi 6 septembre 2017
    Je me réveillais à 2h00 du matin pour téléphoner à ma mère tant qu’il y avait encore du réseau. Puis, le regard sur la montre, nous attendions. La houle était déjà forte et les vents commençaient à prendre de la vigueur. A 6h00, comme prévu, IRMA était là. Je me souviens de l’explosion du toit du salon, d’avoir entendu crier « go » « go » « go », d’avoir couru pour me mettre à l’abri dans la chambre, d’avoir épongé l’eau qui passait à travers les persiennes, de m’être finalement réfugiée dans la salle de bain avant que l’œil du cyclone nous offre un moment d’accalmie. Je me souviens du chaos du salon où verres brisés, morceaux de bois et de tôles côtoyaient objets cassés et meubles endommagés dans une marre d’eau salée. Je revois les hommes en train de sécuriser les baies vitrées tandis que les femmes s’occupaient des enfants. Je me revois traverser cette pièce ravagée avec des morceaux de tôle et de bois du toit qui bougeaient avec le vent pour aller dans la cuisine chercher de l’eau et de la nourriture en me disant que je devais être courageuse comme mon père. Je me souviens de la peur que nous cherchions à maîtriser en pensant à la deuxième partie du cyclone qui approchait. Le toit allait-il tenir bon ? Quelle pièce était la plus sûre ? Assise dans une salle de bain, je me parlais à moi-même pour apaiser ma peur à chaque rafale de vent, je pensais à ma voiture garée à l’extérieur, à mon appartement au bord de l’eau, à ma mère et à mon père, aux personnes sur le littoral, à mes collègues et amis … jusqu’aux environs de 12h00 où IRMA s’éloignant le vent et la pluie s’apaisaient. Nous pouvions enfin sortir pour constater l’importance des dégâts et commencer le déblayage extérieur ainsi que le nettoyage intérieur jusqu’à la tombée de la nuit. Ma voiture sur laquelle un arbre était tombé n’avait que quelques rayures.
    Jeudi 7 septembre 2017
    Les routes ayant été partiellement dégagées pour permettre aux véhicules de circuler, nous prenions la route en direction de Marigot. Nous roulions lentement pour passer sur les routes inondées et observions, hébétés, le paysage de désolation qui se déroulait sous nos yeux : maisons aux toits endommagés, terrasses démolies, murs en béton défoncés, végétation ravagée, conducteurs au visage grave, personnes soulagées d’être vivantes malgré le fait d’avoir tout perdu … L’île semblait avoir été bombardée ce qui me faisait penser à la seconde guerre mondiale et à ce que mon père avait pu vivre. Nous arrivions devant ma résidence : voitures empilées les unes sur les autres ou emboitées les unes dans les autres contre les murs à moitié défoncé, des rez-de-chaussée où ne restaient plus que les murs porteurs, les meubles et objets jonchant la plage qui ressemblait désormais à une décharge à ciel ouvert … de loin j’apercevais mon appartement au bord de l’océan et courrais. J’ouvrais la porte. Les pieds dans l’eau, je constatais que malgré les dégâts, j’allais pouvoir récupérer des affaires et pleurais de soulagement. En repartant, j’eus la chance de pouvoir parler quelques minutes à ma mère pour la rassurer grâce à un téléphone satellite.
    A partir de ce moment-là, les événements se sont enchainés et je perdais toute notion de temps pendant près de 7 semaines où nous étions sans réseaux téléphonique et électrique, sans internet et sans eau courante. Une période pendant laquelle j’ai puisé quotidiennement dans la force physique et psychique extraordinaire de mon père pour tenir bon quand je sentais l’épuisement et le découragement me gagner. Une expérience que j’ai relativisée en pensant à son vécu en déportation.
    Je me souviens avoir récupéré mes affaires en me cachant des pilleurs qui rôdaient, d’avoir été obligée de les porter de la plage à la route, sous le soleil brûlant de l’été, en surfant entre verres brisés, morceaux de fer, tôles déchirées, l’accès à la résidence n’étant pas possible pour les voitures. Je me souviens avoir fait appel à mon père pour trouver la force pour porter et l’endurance pour marcher alors que j’étais épuisée et assoiffée. Je sentais sa présence et me relevais.
    Je me souviens de façon désordonnée :

    – de nuits sans sommeil à veiller dehors en raison de fusillades
    – de cette rencontre avec des militaires cherchant de possible corps échoués sur le rivage de ma résidence
    – de l’une de mes voisines marchant pieds nus en maillot de bain sur la plage car elle avait tout perdu
    – des marches à pieds sous le soleil pour se déplacer afin de préserver nos réserves d’essence
    – du soulagement à la vue d’avions militaire remplis de matériel et de nourriture atterrir
    – de paquebots de croisière américains arrivant et repartant pour évacuer des ressortissants américains
    – de cette journée d’attente du cyclone JOSE quelques jours après IRMA qui n’est finalement pas passé sur l’île
    – de la charge émotionnelle lors de l’évacuation des femmes et des enfants de la famille qui m’avait accueillie, les hommes restants pour protéger leurs biens
    – de la fatigue nerveuse lors du passage du cyclone MARIA pendant lequel nous sommes restés confinés près de 48h, les rafales réveillant des peurs vécues lors du passage d’IRMA
    – des files d’attente le long de la route pour des rations d’eau et de nourriture
    – de la queue à la station essence pour un bidon d’essence
    – de l’odeur nauséabonde à proximité des décharges d’urgence
    – du bonheur à la vue des militaires circulant sur l’île pour assurer notre sécurité et aider au déblayage d’urgence
    – de ma joie la première fois où nous avons pu aller au supermarché dont l’accès était gardé par des militaires
    – d’avoir ramassé à la petite cuillère les morceaux de verre, disséminés dans l’herbe, d’une baie vitrée ayant explosée
    – du bonheur de retrouver des visages connus
    – du bonheur de pouvoir à nouveau téléphoner
    – du bonheur de retrouver l’eau courante et l’électricité …
    Certaines scènes, comme ces files d’attente pour une ration de nourriture, d’eau ou d’essence, me faisaient penser à ce que mon père et mes grands-parents avaient vécu lors de la seconde guerre mondiale. D’autres, comme le soulagement à la vue des militaires que nous attendions pour nous protéger, m’ont fait imaginer ce que mon père et ses compagnons avaient dû ressentir à Therezienstadt en voyant l’armée russe arriver.

    Stéphanie BESSIERE

    #112

    Christophe
    Participant

    Notre Présidente a représenté l’Amicale au Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne-Royallieu à l’occasion de ses 10 ans d’existence.
    Je vous propose de lire son intervention:

    L’EPOUSE d’un résistant déporté
    Vous venez de voir le parcours de mon mari, André Bessière, entré dans la résistance à l’âge de 15 ans, déporté à 17 ans.
    En tant qu’épouse, je l’ai accompagné très souvent dans ses témoignages car revivre cette période difficile lui était pénible. Cependant jamais il ne refusait lorsqu’il était sollicité. Pour lui, c’était un devoir envers ses compagnons disparus et une nécessité face aux négationnistes.
    C’était déjà la transmission de la Mémoire.
    Il a eu de beaux retours de la part des élèves et enseignants, car ses interventions auprès des jeunes entraînaient des prises de conscience ainsi que le prouvent les nombreux courriers qu’il recevait, comme celui de cet élève de 4ème.
    « Non, on ne partage pas les mêmes valeurs. Peut-être la liberté, oui, mais les autres, justice et tolérance, pas du tout. Ces valeurs sont en danger pour nous, surtout la justice, vous ne trouvez pas Monsieur Bessière ? Quelle est votre opinion ? Avez-vous souffert pour rien ou pour quelque chose ? »
    Même sentiment chez l’un de ses camarades, « Vous avez défendu des valeurs comme la tolérance, la liberté, la justice… A notre époque, elles sont parfois mises en danger. C’est pour cela qu’il ne faut pas oublier ce qui a pu se passer et en tirer les conclusions. »
    Ou ce courrier d’un jeune de seconde affirmant : « il faudra que moi j’explique à mes enfants. J’ai un rôle à jouer dans la transmission de la Mémoire. »
    Enfin ce professeur d’histoire-géographie qui mobilisait ses élèves pour participer au concours national de la Résistance et de la Déportation qui avouait : « Quand je vois certains élèves qui assistent encore aux cérémonies alors qu’ils ne sont plus au collège, je suis très heureux. »
    Et cette phrase d’un garçon de première exprime le sentiment général de toutes et tous ceux qui ont approché mon mari.
    « Ce tatouage que vous avez au bras, j’espère que plus personne ne le portera et c’est pour ça que je dis MERCI. Merci André, merci la liberté… MERCI ».
    Je l’ai secondé lorsqu’il a décidé d’écrire. Ce fut une période pénible car il faisait revivre des jours de souffrance alors que moi-même je découvrais une vérité qu’il avait toujours tue.
    La déportation en héritage je l’ai alors ressentie au plus profond de moi mais aussi au travers de mes contacts avec les familles mais surtout ses camarades, des amis que je côtoyais depuis des années restés aussi silencieux sur leur vécu que l’avait été mon mari. C’est pourquoi j’ai écrit ce livre.
    L’ECRIVAIN
    Ce n’est pas un livre d’écrivain, c’est un livre écrit avec mon cœur.
    En revanche, « Comment transmettre cette Mémoire de la résistance et de la déportation » a fait l’objet d’une recherche approfondie, questionnant tous les protagonistes concernés. C’est une question qui interpelait profondément Raymond Aubrac.
    Pour moi, la transmission de cette Mémoire est un devoir envers ces résistants que j’ai rencontrés et connus, tatoués ou non, homme ou femme, qui ont sacrifié leur jeunesse, même pour beaucoup leur vie, pour défendre les valeurs de liberté et de tolérance auxquelles ils croyaient.
    Qui peut transmettre ? Car il faut parler de transmission et non plus de témoignages, sauf si l’on utilise les supports préparés par ceux qui ont vécu cette période. Je vais y revenir dans quelques instants.
    En effet malheureusement les déportés résistants ne sont guère plus nombreux et très fatigués alors que la demande des établissements scolaires reste présente.
    Les professeurs d’histoire, les historiens deviennent les piliers de cette transmission avec le concours toujours possible des associations.
    J’ai retenu une réaction d’élève qui s’est rendu à Buchenwald avec sa classe :
    « Il me semble que l’une des principales difficultés à transmettre à des jeunes ce qui s’est passé dans les camps, de faire passer ce que j’ai compris d’une entreprise de déshumanisation et d’accomplir mon devoir de Mémoire réside dans le fait de trouver un équilibre juste entre les faits historiques, qui ne nous touchent pas suffisamment lorsque l’on est jeune, et les récits des témoins qui souvent nous transmettent un vécu plus intime. Mais ce qu’il nous faut faire comprendre, quelle que soit la génération, c’est que nous sommes tous concernés en tant qu’homme par ce qui s’est passé, même si cela nous semble déjà loin. »
    LA PRESIDENTE
    En tant que présidente de l’Amicale des déportés tatoués du 27.4.44, je veux revenir sur la nécessité d’utiliser les outils préparés au cours de toutes ces années par nos Anciens et leurs héritiers. En effet ces outils pratiques et concrets sont à disposition des établissements scolaires, des musées comme des familles, pour appréhender cette période de notre Histoire et la comprendre également sur le plan humain.
    Ces outils ont été préparés par les « Tatoués » pour permettre aux générations actuelles d’avoir le témoignage des résistants déportés eux-mêmes grâce aux DVD, à une exposition mise à disposition, qui a d’ailleurs été présentée ici à Royallieu, et bien sûr à leurs écrits.
    Je tiens ceux-ci à votre disposition si vous souhaitez en prendre connaissance.
    Cet héritage qui a marqué des générations, les familles l’ont à cœur. A sa façon, chacune œuvre pour que perdure la mémoire de ce parent qui s’est dressé contre la barbarie.
    Cet héritage, c’est aussi une force, parce que ces hommes et ces femmes sont pour nous des exemples.
    – Exemple de courage,
    – Exemple de tolérance,
    – Exemple de respect.
    Moi-même, au quotidien, je pense toujours à eux lorsque je vois des miettes sur la table. Des miettes qu’ils récupéraient instinctivement car elles représentaient de la nourriture. De ce fait, chez nous, pas de gaspillage.
    Serrée dans le RER ou autre métro, patience car moi je vais bientôt descendre, eux ils ont passé 4 jours et 3 nuits à 100/120 dans un wagon, etc., alors je relativise.
    Pour les enfants et petits-enfants, l’héritage est ancré profondément en eux. Je peux donner l’exemple de ma fille qui a subi en septembre dernier le cyclone IRMA à St-Martin. Elle a pensé à son père, à ce qu’il avait vécu, et cela lui a donné la force et l’endurance pour tenir en ces heures de fin du monde qui ont ravagé l’île à 95 %.
    Et, si le déporté n’est pas rentré, c’est encore plus difficile pour les familles.
    L’association des Orphelins de déportés, fusillés et massacrés de France, dont les membres ont témoigné dans un livre dont le titre est POUR TOI, en est un exemple.
    Ils se souviennent de leur parent disparu, du chagrin et de l’immense désarroi qui ont accompagné l’annonce de leur disparition.
    Au-delà de ces réactions psychologiques, les résistants déportés nous ont transmis des valeurs patriotiques, d’honneur et de valeurs humaines et civiques.
    Le convoi du 27 avril 1944, que l’Histoire retient sous le nom de « Convoi des Tatoués » parce qu’il a été envoyé à Auschwitz-Birkenau avant de disperser les détenus sur d’autres camps, Buchenwald, Flossenbürg et divers kommandos, est parti d’ici, Royallieu.
    Il y a dix ans, lors de l’inauguration de ce mémorial de l’internement et de la déportation, nous étions présents.
    Depuis, le mémorial a largement œuvré. Pour l’Amicale et les familles de Tatoués, il représente le lieu le plus à même de transmettre cette mémoire, cette déportation en héritage, et je remercie Mme BONAMY de m’avoir conviée à cet anniversaire qui permet de rappeler que 70 % des détenus de Royallieu étaient des prisonniers politiques, c’est-à-dire des résistants.

    Danièle Bessière

    #113

    bourgogne21
    Participant

    Pour information, nous serons une soixantaine de personnes à notre Assemblée Générale qui se déroule à Dijon les 21 et 22 avril prochain.
    Nous pourrons dire un grand merci aux familles JOBARD, POISIER, PUISSEGUR qui organisent cette manifestation.

    #115

    philippe
    Participant

    message de Philippe Laurence à ses petits-enfants et ses enfants et à toute sa famille et amis

    J’arrive tout juste de Bourgogne où se tenait la grande réunion annuelle de l’Amicale des déportés tatoués du 27 avril 1944, c’est-à-dire du convoi de mon père vers la déportation. Ils étaient 1700 partis de Compiègne et dirigés vers Auschwitz, Buchenwald, Flossenbürg et Flohâ, (ces deux dernières pour une partie d’entre eux, dont mon père). Il en est rentré en France, 15 mois plus tard, moins de la moitié. C’est lors de leur séjour à Auschwitz qu’un numéro leur a été tatoué sur le bras (mon père : 185854). J’appartiens depuis 3 ou 4 ans à cette Amicale, après avoir rencontré le Président qui était un compagnon-déporté de mon père, de Compiègne à Flöha, et qui est mort il y a un an. C’est sa femme qui a pris depuis la présidence, avec la volonté de transmettre la mémoire de nos « tatoués », notamment dans les écoles.

    J’ai passé la journée d’hier 21avril dans une superbe Bourgogne : petits villages au Nord de Dijon : Villy, Villeberny, Jailly-lès-Moulins, Lusigny-sur-ouche et d’autres, vallons, forêts, grottes favorables à l’installation de maquis. La répression des Allemands, en 1944, a été terrible : exécution de résistants dont des tout jeunes, déportation, emprisonnement à Dijon… Dans tous les villages, des monuments à la mémoire de tous les résistants « morts pour la France ». Nous nous arrêtions auprès de tous ces monuments pour un dépôt de gerbes, la lecture du nom des morts, la Marseillaise, le Chant des Partisans, en présence à chaque fois du maire, d’une partie de la population, de responsables d’associations. C’était très émouvant, au point que je ne parvenais pas à chanter la Marseillaise avec les autres.. Bien entendu il y a de moins en moins de déportés. Il y en avait un de ce convoi, habitant de l’un de ces villages, dont le fils avait organisé le périple. Et nous avons vu aussi une dame de Lusigny, 92 ans, encore en forme, déportée à l’âge de 17 ans, dénoncée pour avoir apporté de la nourriture dans un maquis.

    Je vous embrasse ,
    Philippe

    #116

    Christophe
    Participant

    De la part de Christiane POISIER-PUISSEGUR
    Fille de Robert Puissegur (186281)

    21/22 avril 2018

    L’assemblée générale de « l’Amicale des Déportés Tatoués d’Avril 1944 » se tient en Bourgogne.

    Un hommage est rendu à Pierre Jobard résistant dans le Maquis de l’Auxois, le Maquis Bernard, ainsi qu’à tous ceux qui sont morts en déportation ou nous ont quittés depuis.

    Le Maquis Bernard organise sa résistance de 1939 à 1945 à la falaise d’Hauteroche.

    les maquisards depuis leur cache, pouvaient surveiller toute la vallée.

    L’accès à la grotte était très difficile, de par sa situation dans la forêt, à flan de coteaux au pied des falaises. Aujourd’hui un cordage a été installé pour permettre aux quelques personnes qui s’y rendent encore de ne pas prendre trop de risques.
    L’entrée est très étroite.

    Les déplacements se faisaient de nuit, le signe de reconnaissance était le hululement de la chouette.

    Le 19 juin 2004, une commémoration a eu lieu sur le site du maquis Bernard, une plaque commémoratrice est fixée sur la roche au pied de la falaise.

    Une seconde plaque a été installée au bord de la route départementale n°9 dans la vallée de l’Ozerain. C’est à cet endroit que le bus fera une petite halte, et que vous pourrez si tout va bien, voir des fumigènes, vous indiquant plus précisément l’emplacement de cette grotte.

    Un peu d’histoire :

    C’est à Flavigny, que Bernard Guillemin, alias « commandant Bernard », s’engagea dans la résistance en ramassant des armes abandonnées par l’armée française.
    Avec son ami Victor Chaudron, ils les cachèrent dans une petite grotte située sous le séminaire, voir même sous le plancher du grenier de l’établissement.
    Fin 1942, début 1943, s’ébaucha l’organisation de la résistance « Bernard ».
    Des sympathisants furent contactés et recrutés dans les villages voisins.
    Des réfractaires au STO furent cachés dans des fermes amies, et quelques autres regroupés dans les bois, et armés.
    C’est la naissance du Maquis Bernard.
    Cette structure de résistance combinait les maquis et le soutien de résistants demeurés dans les villages et appelés « réguliers ».
    Le 28 janvier 1944, une poignée de maquisards en l’absence de leur chef, prennent l’initiative d’attaquer un car allemand près de Pouillenay, puis la voiture du major Werner à Pont de Pagny. Le Major Werner, comprenant le français, sera fusillé, ayant entendu trop d’informations sur le fonctionnement du maquis.
    L’enquête de la gestapo conduira à l’arrestation de « réguliers » dans le village de Villy en Auxois et dans les villages voisins.
    Ils furent pour certains fusillés devant les poteaux du stand Montmuzard à Dijon, où nous déposerons une gerbe dimanche. D’autres furent envoyés vers les camps de la mort, d’où certains ne reviendront pas.

    La Gestapo a cru terroriser la population, afin de la dissuader d’apporter son aide aux maquisards.
    A l’annonce des exécutions les poings se serrent, la colère et l’indignation emplissent les cœurs, les sabotages reprennent de plus belle. La résistance s’intensifie.

    Pour les martyrs de l’Auxois se lèvent les vengeurs, et ces vengeurs formeront les bataillons F.F.I.

    Nous avons retrouvé un extrait des poésies du groupe Bernard, qui sera lu devant le monument aux morts de Villy en Auxois.

    O vous, gars du Maquis endormis sous terre
    Du dernier sommeil, Vous qui deviez survivre
    Pour hâter la victoire et la paix qui délivre ;
    Vous avez « Résisté » pour la Patrie entière !

    Pare de sanglants bourreaux, vos traits défigurés
    Laissaient apercevoir de cruelles blessures,
    Et vos corps en lambeaux d’ignobles meurtrissures !
    Signes du vrai silence que vous aviez juré !

    Aux pleurs de vos parents se sont jointes nos larmes,
    0 défenseurs sacrés, du plus noble idéal,
    Vous gardiez dans vos cœurs l’amour du sol natal,
    Apaisiez nos craintes et calmiez nos alarmes,
    Gloire à vous pur Martyrs des ennemis infâmes,
    Vos noms restent gravés à jamais dans nos âmes !
    Héros sublimes, tués près de la délivrance,
    Nous sommes près de vous, car vous êtes la France !
    Dimanche 22 avril.
    Nous nous retrouvons pour déposer une gerbe aux murs des fusillés
    Nous nous rendrons à la prison de Dijon où nous visiterons les geôles de la Gestapo.

    Une gerbe sera déposée au monument aux morts.

    Après la réception à la mairie, nous terminerons autour d’un repas avant de nous disperser.

    Nous espérons qu’encore une fois, ce week-end aura été pour vous l’occasion de nouvelles rencontres au sein de cette grande famille des Tatoués.

    Christiane POISIER-PUISSEGUR

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